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Tout au long des échanges, j’ai perçu chez les participant(e)s tout d’abord une inquiétude forte sur la détérioration qui semble programmée du système français de protection sociale par une marchandisation rampante mais croissante de la santé dans notre pays assortie d’une déshumanisation du système de soins.

Ensuite une inquiétude plus diffuse sur le devenir de leur propre état de santé à travers celui de la société qui change et paradoxalement la crainte de ne plus être ’’en bonne santé’’ à cause de tous ces changements.

Enfin, une interrogation sur le devenir commun à la fois de cet état de santé et de la protection sociale, compte-tenu de la crise qui semble devoir durer et qui ne fera qu’aggraver les inégalités sociales.

Malgré le sentiment de se sentir et d’être protégé de par leur niveau social ou leur pouvoir d’achat encore préservé, j’ai senti chez certain(e)s intervenant(e)s la crainte que cette crise ne les atteigne un jour. Et ce, même s’ils rendent ‘’l’autre’’ responsable de ce qui pourrait (leur) arriver.

Que cette crise ne les atteigne à la fois dans leur santé et dans la possibilité de soigner à coût raisonnable.

Mais toutes et tous, s’ils étaient présent(e)s ce soir, c’est que leur attachement à une solidarité tant sociale qu’intergénérationnelle fait qu’ils attendent beaucoup de leurs mutuelles ou organismes de santé (autres que la Sécurité Sociale).

D’abord parce que ces organismes et mutuelles sont porteurs de valeurs de solidarité et de prise en compte de l’individu dans son ensemble et qui sont encore bien ancrées, mais aussi pour être un contre-pouvoir efficace aux attaques portées au système de protection sociale en même temps qu’une force de propositions pour sauvegarder et renforcer ‘’notre Sécu’’

Démarche du projet

Je trouve l’idée de ces rencontres très bien.

J’espère qu’il y aura une vraie suite, avec à un moment donné de la concrétisation : s’il n’y avait pas de suite, ce serait décevant pour tout le monde.

La qualité du travail de l’agence (R Marchand sur place –super professionnellement et personnellement-, l’organisation et l’animation du débat) a montré que c’était bien de se donner ces moyens là pour réussir.

J’ai apprécié que nous, les salariées, nous soyons associées à la démarche, à la mobilisation, au débat et même en tant que rapporteur. Je regrette que ce soit surtout le pôle développement qui l’ait été et beaucoup moins nos collègues de PSA : comme, contrairement à nous, elles n’ont pas été briefées en équipe après la réunion collective de sensibilisation, ceci explique peut-être en partie pourquoi elles se sont moins impliquées… Cette démarche nous a aussi permis de côtoyer  de plus près des élus que pour une fois l’on a vu agir directement. J’espère que les salariés ont aussi été impliqués dans les autres départements.

Ce serait bien que de tels moments ne soient pas que sur initiative nationale mais que cela existe à l’échelle du département, voire de la section.

Débat du 20 mai

Préparation :

J’aurais aimé un temps de préparation plus long car c’est en faisant qu’on a mieux compris et senti certaines choses et que nous sommes montés en puissance dans notre manière d’essayer de mobiliser les gens et on se serait moins dit après « on aurait pu ou dû faire ceci ou cela ».

J’ai trouvé que les relances téléphoniques n’avaient pas eu tellement d’impact, le contact direct donnant plus de résultats, à l’accueil notamment et via nos connaissances.

Si c’était à refaire, je serais plus convaincante car j’ai maintenant une meilleure vue de ce qu’est ce type de débat et sa qualité.

J’ai noté cependant que personne ne nous a rejeté au téléphone et que la démarche a plutôt intéressé nos interlocuteurs même si relativement peu sont venus au final.

En général :

J’ai trouvé super que beaucoup de monde ait participé, que le public soit varié et qu’il y ait eu beaucoup d’intervenants spontanés. Très important qu’il y ait eu des jeunes et qu’ils se soient montrés concernés et aient participé fortement. Mais aussi qu’il y ait eu l’expression des personnes âgées et des problèmes possibles rencontrés en vieillissant.

L’animateur  recentrait bien les débats sur le thème et savait laisser parler les personnes tout en les interrompant avec les formes pour qu’ils ne soient pas trop longs ou divergent : ça a été important pour le bon déroulement du débat.

J’ai trouvé Thierry Beaudet très sincère dans ses réponses, profondément intéressé, parlant avec son cœur, à l’écoute, prenant en compte toutes les remarques et acquiescant à beaucoup de questions, direct. Très important pour la crédibilité de la démarche et pour moi salariée.

Cela m’a permis de me mettre aussi dans la peau d’un non Mgen et d’apprécier pour eux, et pour la Mgen aussi, que l’on ne soit pas obnubilé par le fonctionnement de la mutuelle, que la soirée ne devienne pas celle du procès de celle-ci. Ce n’était pas le but.

Les non Mgen ont apprécié, soulignant que la soirée n’était pas non plus du tout du type « propagande Mgen », le thème annoncé étant bien celui traité. La Mgen a aussi montré qu’elle n’était pas une simple complémentaire santé mais bien un organisme qui contribue aux débats de société.

Je regrette qu’il n’y ait pas eu de CR dans la presse, notamment dans le Dauphiné Libéré. On aurait pu aussi avoir un moment d’antenne sur Radio France Isère qui a pour habitude de donner la parole aux responsables de telles initiatives.

Contenu :

J’ai été très intéressée par tout le débat que j’ai trouvé très riche tant dans les thèmes abordés que par la diversité des intervenants. C’était bien aussi d’entendre des professionnels de santé par exemple.

Le thème qui a particulièrement retenu mon attention est celui des dépassements d’honoraires : c’est très important que ce thème ait été abordé pour ce qu’il représente comme risques pour l’égalité de l’accès aux soins ; la conclusion de Thierry Beaudet sur le sujet et son explicitation des raisons qui ont conduit la Mgen à les prendre en partie en charge m’ont fait comprendre et admettre, à moi salariée, le pourquoi d’un tel choix ( / progrès de la médecine) alors que jusque là, de mon point de vue, la Mgen, en le faisant, avait mis ses valeurs liées à l’économie sociale de côté, les avait un peu trahies en quelque sorte.

J’aurais aimé que l’on passe plus de temps sur deux sujets qui me tiennent à cœur :

- La déficience de la SS.

- La montée, à l’américaine, d’une santé à deux vitesses.

Enfin, j’insiste sur l’importance de la prévention.

En conclusion

Je suis fière d’avoir participé de la mobilisation au débat et du résultat obtenu. J’attends avec intérêt les suites qui vont être données.

(propos recueillis et consignés par Rémi Goube avec l’aval de C Bayle)

La MGEN et son président Thierry Beaudet désiraient par le débat sur le thème “Ma santé et moi” qu’un dialogue franc et sincère s’instaure entre usagés anonymes et responsables associatifs ou institutionnels. Mission réussie!

Nous avons assisté à Nîmes à une soirée riche à tout point de vue tant sur le plan de la réflexion que sur celui des pistes évoquées. Les nombreuses interventions ont montré que le sujet intéressait et faisait l’objet parfois d’une mûre réflexion. Personne ne semble indifférent au thème de la santé, toute génération confondue. La participation et les interventions de collégiens et de lycéens en témoignent. Expérience sans aucun doute à renouveler!

19heures

Salons du stade Bollaert de Lens, dans le Pas-de-Calais. Une salle, pas de tribune… Trois cent personnes assises en cercle, un journaliste et le Président de la Mgen  côte à côte parmi les participants. Le débat public « Ma santé et moi, quel avenir, quelles valeurs, quelle mutuelle » est lancé ! En ouverture, la projection d’un film, point de départ des échanges entre adhérents, non adhérents, institutionnels, inscrits de la dernière heure.

Aux côtés de mes amis chargés comme moi de prendre des notes et d’exprimer un ressenti immédiat, je reste marquée par des témoignages poignants. Celui de cette dame qui nous parle droit de mourir dans la dignité, celui de ce monsieur qui a perdu un enfant et qui, des larmes dans la voix. , évoque l’association des parents endeuillés au sein de laquelle il milite.  Des mots forts pour exprimer une grande inquiétude face aux déficits, à la marchandisation de la santé, à une médecine à deux vitesses. Des mots forts  pour demander un meilleur accompagnement du patient, du temps supplémentaire consacré à chacun(e), une médecine plus équitable, une plus grande justice sociale. Des mots forts pour pointer du doigt la quasi inexistence de suivi médical des enseignants, l’absence de prévention dans de nombreux domaines. Une  intervention pour rappeler les difficultés économiques, sociales auxquelles sont confrontés les habitants de notre région. Une autre  pour souligner  l’importance des choix politiques qui sont réalisés dans le domaine de la santé. Ce message  d’un  étudiant qui nous rappelle qu’au-delà des difficultés rencontrées, il ne faut pas perdre de vue les exclus du système de soins, en France et dans le Monde. Des mots forts, une grande qualité d’écoute, la nécessité de parler, d’échanger dans une société qui, paradoxalement, « hyper communique » via internet, les téléphones portables…Défi relevé pour la MGEN, pour son Président, Thierry Beaudet, pour tous ceux et toutes celles qui osent croire qu’ensemble, nous contribuerons à créer  une société plus juste, plus humaine !

Les interprétations du thème “ma santé et moi” se sont réparties exclusivement sur 2 versants : un versant individuel et un versant collectif. Le premier prenait l’intitulé à la lettre avec des interventions autour d’expériences personnelles de la santé. Le discours des intervenants était autocentré : moi, ma vie, mes proches, notre vécu, nos problèmes, ce que nous souhaitons pour nous. Le second versant était quand à lui centré sur le système de santé dans la globalité de son fonctionnement et de ses dysfonctionnements. Ce qui ma marqué, c’est finalement l’absence de passerelle entre ces deux aspects de la santé, ni au niveau des problèmes soulevés, ni au niveau des remédiations. Comment réconcilier le niveau de l’individu et le niveau de la collectivité ? C’est probablement l’un des grands enjeux, sinon le principal. Dans ce domaine, je garde présent à l’esprit le fait qu’une gestion collective ne peut pas se réduire à gérer une somme d’intérêts individuels.

Le second enjeu m’est apparu au travers d’une intervention forte qui à dénoncé une attitude consumériste vis à vis de la santé. Celle-ci a été mise en relation avec le fait que “les gens s’écoutent”. Elle me suggère deux réflexions : d’une part, la définition de la santé qui est proposée par l’OMS (état de complet bien-être…, 1946) nous mène, tous, vers une quête sans fin d’un état finalement virtuel. Elle qui se traduit sans doute par une quête de soins et de prises en charge accessoires de prime abord, mais qui nous semblent indispensables pour atteindre ce total bien-être. Ensuite, notre société de consommation repose de fait sur notre comportement consumériste. Elle nous entraîne/conditionne/incite à chaque instant de notre vie. Comment imaginer que nous serions spontanément capable d’adopter un mode de fonctionnement différent dans des domaines particuliers comme la santé ou l’éducation ? Un des enjeux serait peut être justement de nous faire adopter ces comportements différenciés.

Enfin, le troisième enjeu porte sur la réduction des inégalités. En toute logique les inégalités territoriales ont été mentionnées : inégalités sur le territoire français en soulignant la (mauvaise) situation du nord-Pas de Calais au niveau de la plupart des indicateurs de santé, inégalités d’accès aux soins en pointant du doigt la répartition territoriale des médecins et les dépassements d’honoraires, mais au delà d’une analyse franco-française, les inégalités internationales ont été évoquées en notant que notre système de santé, bien qu’imparfait, nous place encore dans une situation privilégiée. Au delà de ce simple aspect territorial, d’autres inégalités ont été évoquées : au travers de la nécessité d’envisager la santé à la fois de manière verticale (intégrer l’ensemble de la population à un moment donnée) et horizontale (savoir se projeter et penser l’évolution de la santé). Finalement cet aspect trans …générationnel …situationnel me fait prendre conscience que ceux qui ont probablement le plus besoin de protection ne sont sans doute pas ceux qui sont le plus visibles, ni qui ont le plus la parole.

Ma Santé et Moi est une initiative du groupe logo MGEN