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Les interprétations du thème “ma santé et moi” se sont réparties exclusivement sur 2 versants : un versant individuel et un versant collectif. Le premier prenait l’intitulé à la lettre avec des interventions autour d’expériences personnelles de la santé. Le discours des intervenants était autocentré : moi, ma vie, mes proches, notre vécu, nos problèmes, ce que nous souhaitons pour nous. Le second versant était quand à lui centré sur le système de santé dans la globalité de son fonctionnement et de ses dysfonctionnements. Ce qui ma marqué, c’est finalement l’absence de passerelle entre ces deux aspects de la santé, ni au niveau des problèmes soulevés, ni au niveau des remédiations. Comment réconcilier le niveau de l’individu et le niveau de la collectivité ? C’est probablement l’un des grands enjeux, sinon le principal. Dans ce domaine, je garde présent à l’esprit le fait qu’une gestion collective ne peut pas se réduire à gérer une somme d’intérêts individuels.

Le second enjeu m’est apparu au travers d’une intervention forte qui à dénoncé une attitude consumériste vis à vis de la santé. Celle-ci a été mise en relation avec le fait que “les gens s’écoutent”. Elle me suggère deux réflexions : d’une part, la définition de la santé qui est proposée par l’OMS (état de complet bien-être…, 1946) nous mène, tous, vers une quête sans fin d’un état finalement virtuel. Elle qui se traduit sans doute par une quête de soins et de prises en charge accessoires de prime abord, mais qui nous semblent indispensables pour atteindre ce total bien-être. Ensuite, notre société de consommation repose de fait sur notre comportement consumériste. Elle nous entraîne/conditionne/incite à chaque instant de notre vie. Comment imaginer que nous serions spontanément capable d’adopter un mode de fonctionnement différent dans des domaines particuliers comme la santé ou l’éducation ? Un des enjeux serait peut être justement de nous faire adopter ces comportements différenciés.

Enfin, le troisième enjeu porte sur la réduction des inégalités. En toute logique les inégalités territoriales ont été mentionnées : inégalités sur le territoire français en soulignant la (mauvaise) situation du nord-Pas de Calais au niveau de la plupart des indicateurs de santé, inégalités d’accès aux soins en pointant du doigt la répartition territoriale des médecins et les dépassements d’honoraires, mais au delà d’une analyse franco-française, les inégalités internationales ont été évoquées en notant que notre système de santé, bien qu’imparfait, nous place encore dans une situation privilégiée. Au delà de ce simple aspect territorial, d’autres inégalités ont été évoquées : au travers de la nécessité d’envisager la santé à la fois de manière verticale (intégrer l’ensemble de la population à un moment donnée) et horizontale (savoir se projeter et penser l’évolution de la santé). Finalement cet aspect trans …générationnel …situationnel me fait prendre conscience que ceux qui ont probablement le plus besoin de protection ne sont sans doute pas ceux qui sont le plus visibles, ni qui ont le plus la parole.

J’ai souvent eu le sentiment, au vu de certaines “réformes” qui me semblaient onéreuses ou inutiles (alors que l’on ne parle que d’économies, culpabilisant les uns et les autres) qu’en fait on voulait aboutir à supprimer l’engagement de l’Etat et la solidarité de la politique de santé en disant, voyez, c’est trop cher, on ne peut plus… Déjà notre système est très inégalitaire. La France est un pays riche. Cette richesse doit servir au mieux-être de tous, et la santé est au premier plan, sinon à quoi bon produire ? La santé est indispensable, comme l’éducation, la justice, etc… Ca ne doit pas absolument pas être remis en cause, me semble-t-il ? On nous annonce une succession de décisions, des suppressions de services, des fermetures d’hôpitaux, des déremboursements… Ceci successivement, mais on ne voit pas la cohérence entre les mesures, si ce n’est un objectif financier. Ce qui fait qu’il ne peut y avoir de réactions globales à ce qui serait un choix politique. Ces questions sont graves et engagent la vie des citoyens : c’est un choix de société. Pourquoi pas l’organisation d’un débat permettant à chacun de s’exprimer ? Voici quelques questions qui pourraient être débattues.

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Ma Santé et Moi est une initiative du groupe logo MGEN