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Je voudrais attirer votre attention sur une évolution qui devient dramatique pour certains malades dont je fais partie et qui pose la question : pourquoi certains malades voient-ils leurs médicaments pris en charge et d’autres, non ? Les diabétiques sont pris à charge à 100%. Pourquoi pas les insuffisants veineux ?

Et pourquoi la MGEN ne choisit-elle pas d’augmenter sa participation pour les médicaments remboursés à 15% ?

Je souffre depuis toujours de problèmes circulatoires (insuffisance veineuse et œdème lymphatique). Les médicaments qui me soulageaient jusqu’alors ne sont plus remboursés ou bien à 15 %. Je vois sur le site de Priorité Santé Mutualiste que dans les suggestions de traitements alternatifs, il est préconisé de marcher et de porter des bas ou chaussettes de contention (très coûteux et pas complètement remboursés : 32 € de reste à charge pour une paire de bas + une paire de chaussettes) ! Et bien, c’est ce que je fais depuis longtemps. Mais il faut savoir que cela ne suffit pas. Même : les séances de drainage lymphatique prescrites par l’angéiologue, ne suffisent pas !

Les suggestions du site de Priorité Santé Mutualiste pour trouver des alternatives aux médicaments déremboursés sont parfois idiotes : en cas de contracture musculaire ou de crise d’arthrose, il faut se reposer ! La mutuelle envoie donc quelqu’un travailler à votre place ?

Par comble de malchance, je viens de développer un début de fibromyalgie. Il faut savoir qu’un apport de magnésium et vitamine B6 (2 cures par an) est indispensable pour les fibromyalgiques qui en sont généralement déficitaires. Ce n’est plus remboursé…Les myorelaxants non plus depuis 2011.

On a diagnostiqué également chez moi de l’ostéoporose nécessitant traitement. Et bien, la rhumatologue m’a prescrit un médicament qui est aujourd’hui sous haute surveillance. Elle hésitait avec un autre, qui, lui, vient d’être retiré du marché pour dangerosité. Des traitements alternatifs de compléments naturels à base de silicium, d’algues et de plante, eux, ne sont pas remboursés ! La piasclédine est remboursée à 15% depuis 2011. La sécu préfère attendre que je me casse une vertèbre et prendre en charge les conséquences ?

Je dois bientôt subir une opération de chirurgie dentaire et j’aurai certainement des bains de bouche à faire. Si vous en connaissez un qui est remboursé, faites le moi savoir !

Conséquence : j’ai des difficultés à faire face à toutes ces dépenses. Pourquoi un diabétique voit-il tous ses frais de santé remboursés et d’autres malades, non ?

Conclusion : on rembourse des médicaments dangereux et qui peuvent entraîner des maladies graves. Par contre, on ne rembourse plus ou pratiquement pas, des médicaments sains et qui ont fait leurs preuves, n’en déplaise à l’AFSSAPS.

Est-ce que la MGEN pense comme l’AFSSAPS ? Qu’il faut faire des économies sur des médicaments utiles sur le dos des gens qui ont le malheur d’en avoir besoin ?

Ou bien va-t-elle rembourser un peu les médicaments qui sont pris en charge à 15 % ne serait-ce qu’à 50% ?

Signé : une malade en colère

En France, il est peu dire que le Canabis a mauvaise presse auprès des autorités, elle est ainsi très en retard par rapport à de nombreux pays occidentaux où le canabis est toléré voir même légal : le Canada, la Belgique, l’Australie, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l’Espagne, et 14 États américains…

Dans ces pays, la vente du canabis est réglementée ou  nécessite une ordonnance ou une confirmation de diagnostique médical et, que je sache, ces pays s’en portent très bien !!

Alors pourquoi un tel refus en France ? Je ne parle pas d’un usage récréatif mais bien d’un usage thérapeutique comme pour les personnes qui sont soignées par chimiothérapies ou les malades atteints du Sida mais aussi des gens qui souffrent à cause d’hépatites, de sclérose en plaque, d’arthrite, souffrent de crise d’épilepsie…

Ces personnes peuvent trouver dans cette médication une véritable source de confort face aux effets secondaires de ces maladies ou de leurs traitements. D’autant plus que les effets du canabis peuvent être facilement gérés et aucun décès n’a encore été constaté à ce jour.

Ce focus est une réponse à la tribune de Thierry Vilard consacrée aux laboratoires pharmaceutiques


Bonjour Thierry et merci de votre message.

Chacun peut partager votre réaction. Un certain nombre de médicaments permettent à des nombreuses personnes de mieux vivre ou de vivre moins mal. Aucun médicament n’est anodin : la dangerosité des médicaments nous préoccupe …et leur surveillance nous rassure.

La MGEN a souvent souligné, dans Valeurs mutualistes notamment, qu’il ne fallait jamais abuser des médicaments et que le fait d’en consommer plusieurs multipliait les interactions, dont certaines comportent des risques. Les prescripteurs ont un rôle capital en particulier sur l’information de chaque médicament proposé au patient (contre indication, allergie, etc, …)  Les prescripteurs mais aussi les consommateurs !

Les listes de l’AFSSAPS que vous évoquez appellent certaines nuances.

Tous les nouveaux médicaments autorisés en Europe et dans les pays qui disposent d’une organisation sanitaire rigoureuse sont sous surveillance. En effet, malgré les études préalables, la biologie et la diversité humaines sont si complexes qu’un certain nombre d’effets indésirables ne sont pas détectables avant une utilisation à large échelle. On ne peut donc assimiler « surveillance », « état d’alerte », « potentiellement dangereux ». L’AFSSAPS a d’ailleurs modifié la présentation de sa liste en classant les médicaments en 4 catégories : depuis ceux sous surveillance car ils viennent d’être mis sur le marché jusqu’à ceux dont la commercialisation a été suspendue ou va l’être.

Ainsi on comprend mieux pourquoi certains médicaments sont sous surveillance, ce qui permet de dédramatiser le processus. Ce qui serait inquiétant c’est si les médicaments n’étaient pas surveillés une fois mis sur le marché. Un médicament est un produit actif, donc nécessairement dangereux si on l’utilise mal. Les divers documents sur le site de l’AFSSAPS concernant le Diantalvic montrent bien le lien entre usage et dangerosité: ce médicament est dangereux en prise massive, pratique constatée en Suède et au Royaume-Uni mais pas en France, doit-il être considéré dangereux en France ?

Il faut bien avoir à l’esprit qu’il y a plusieurs milliers de médicaments autorisés dans notre pays, comme dans les autres.

Ce qui n’excuse bien sûr en rien des comportements déviants.

A pathologie de même définition et de gravité comparable, certains d’entre nous réagissent positivement à certains médicaux et d’autres moins bien ou même mal.

Pour ce qui concerne la MGEN, elle plaide, dans tous ses espaces d’influence, pour un usage raisonné des médicaments et pour que la pharmacovigilance soit indépendante.

Avec la  mutualité française, nous demandons un renforcement et une simplification de la pharmacovigilance. Il est primordial que l’autorité chargée de la surveillance ne soit pas celle chargée d’autoriser la mise sur le marché. Il faut détacher la politique du médicament de l’emprise de l’industrie, tant en matière de lobbying que d’expertise ou de formation des médecins. Nous pensons qu’il n’est pas normal que la France soit l’un des plus gros consommateurs mondiaux de médicaments. Nous estimons qu’il faut se concentrer sur le service médical rendu : s’il est insuffisant il ne faut plus rembourser le médicament concerné (et non pas le rembourser à 15% comme certains médicaments actuellement). Si le médicament est plus dangereux qu’efficace, il faut bien entendu l’interdire. Si le service médical rendu est significatif, encore faut-il s’assurer du bon usage du produit, ce qui passe beaucoup par une véritable formation continue indépendante des médecins, au lieu de « l’information » dispensée par les visiteurs médicaux, salariés des laboratoires pharmaceutiques.

Le scandale du Médiator  pourrait-il déboucher sur une évolution positive de notre regard sur le médicament, en nous détournant de l’approche « un symptôme = une pilule » qui favorise une inflation de la demande de médicaments et de la prescription ?  Le poids excessif de l’industrie pharmaceutique dans les politiques de santé n’est-il pas révélateur du poids excessif que nous accordons au médicament dans notre santé au détriment de la recherche de l’équilibre et du bien-être ?

Pour en savoir plus :

- sur les propositions de la Mutualité en matière de médicament : http://www.mutualite.fr/L-actualite/Medicament/Medicament-dix-propositions-de-la-Mutualite-Francaise-pour-restaurer-la-confiance

- Sur la pharmacovigilance : voir la revue de la Mgen Valeurs mutualistes n°271 (mars 2011), consultable sur le site mgen.fr > La Mgen > Valeurs mutualistes > VM n°271 Dans les secrets de la pharmacovigilance.

Je suis étudiant et je suis encore sous la mutuelle de mes parents, ayant eu des ennuis de santé récemment j’ai du me pencher sur le fonctionnement des remboursement et quelle ne fut pas ma frayeur ! Entre la Mutuelle, la Sécurité sociale, les papiers qu’il faut renvoyer à l’une, à l’autre, à l’une puis à l’autre… Le système de remboursement actuel est à ce point compliqué qu’il me faurait une presciption permanente d’ibuprophène, rien que pour juguler les migraines que me causent ces moments où je tente de comprendre le fonctionnement de mes remboursements !!!

Je me doute bien que la Mutuelle ne peut pas grand chose de ce point de vu mais il y a une nécessité à simplifier ce système. A moins que ce ne soit une façon de décourager les gens de faire l’ensemble des démarches pour se faire rembourser…

Bonjour à tous,

Quatre tribunes ont été postées depuis mon dernier billet, voici donc un petit résumé des épisodes précédents :

Je vous rappelle que l’auteur de la centième tribune se verra offrir une récompense alors n’hésitez pas à proposer les vôtres (tout en restant dans les consignes de la Charte de modération :-)  ).

Et puis n’oubliez pas que les tribunes ne sont pas tout : n’hésitez pas à commenter les tribunes qui vous intéressent pour faire vivre le débat.

A très vite pour la centième !

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