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Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), la fréquence de consommation de cigarettes et d’alcool des jeunes de 17 ans a augmenté depuis 2008.

Depuis 2000, l’OFDT interroge régulièrement les jeunes Français lors de la Journée défense et citoyenneté (JDC). Cette Enquête sur la Santé et les Consommations lors de l’Appel de Préparation À la Défense (ESCAPAD) permet de recueillir des informations sur la santé des jeunes de 17 ans et sur leurs pratiques en termes de produits psychoactifs.

Cette septième étude a été menée auprès de 32 249 jeunes et les premiers résultats viennent d’être publiés, il y a quelques jours, sur le site de l’OFDT. Quelques tendances :

  • L’alcool, le tabac et le cannabis restent les produits les plus fréquemment consommés par les jeunes de 17 ans. On note notamment une  augmentation des ivresses alcooliques régulières (8,6 % en 2008 contre 10,5 % en 2011).
  • Si l’usage régulier du cannabis est en recul (6, 5% contre 7.3 % en 2008), on remarque que celui de tabac et d’alcool est en augmentation (respectivement +2,6 % et +1.6 %).
  • Les garçons restent plus grands consommateurs de tabac que les filles, toutefois ces dernières sont plus nombreuses à l’expérimenter (69,9 % contre 66,9 % pour les garçons).
  • Globalement pour les drogues illégales, la consommation est à la baisse ou à la stagnation.

Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces éléments sur le site de l’OFDT.

Ce focus est une réponse à la tribune de Thierry Vilard consacrée aux laboratoires pharmaceutiques


Bonjour Thierry et merci de votre message.

Chacun peut partager votre réaction. Un certain nombre de médicaments permettent à des nombreuses personnes de mieux vivre ou de vivre moins mal. Aucun médicament n’est anodin : la dangerosité des médicaments nous préoccupe …et leur surveillance nous rassure.

La MGEN a souvent souligné, dans Valeurs mutualistes notamment, qu’il ne fallait jamais abuser des médicaments et que le fait d’en consommer plusieurs multipliait les interactions, dont certaines comportent des risques. Les prescripteurs ont un rôle capital en particulier sur l’information de chaque médicament proposé au patient (contre indication, allergie, etc, …)  Les prescripteurs mais aussi les consommateurs !

Les listes de l’AFSSAPS que vous évoquez appellent certaines nuances.

Tous les nouveaux médicaments autorisés en Europe et dans les pays qui disposent d’une organisation sanitaire rigoureuse sont sous surveillance. En effet, malgré les études préalables, la biologie et la diversité humaines sont si complexes qu’un certain nombre d’effets indésirables ne sont pas détectables avant une utilisation à large échelle. On ne peut donc assimiler « surveillance », « état d’alerte », « potentiellement dangereux ». L’AFSSAPS a d’ailleurs modifié la présentation de sa liste en classant les médicaments en 4 catégories : depuis ceux sous surveillance car ils viennent d’être mis sur le marché jusqu’à ceux dont la commercialisation a été suspendue ou va l’être.

Ainsi on comprend mieux pourquoi certains médicaments sont sous surveillance, ce qui permet de dédramatiser le processus. Ce qui serait inquiétant c’est si les médicaments n’étaient pas surveillés une fois mis sur le marché. Un médicament est un produit actif, donc nécessairement dangereux si on l’utilise mal. Les divers documents sur le site de l’AFSSAPS concernant le Diantalvic montrent bien le lien entre usage et dangerosité: ce médicament est dangereux en prise massive, pratique constatée en Suède et au Royaume-Uni mais pas en France, doit-il être considéré dangereux en France ?

Il faut bien avoir à l’esprit qu’il y a plusieurs milliers de médicaments autorisés dans notre pays, comme dans les autres.

Ce qui n’excuse bien sûr en rien des comportements déviants.

A pathologie de même définition et de gravité comparable, certains d’entre nous réagissent positivement à certains médicaux et d’autres moins bien ou même mal.

Pour ce qui concerne la MGEN, elle plaide, dans tous ses espaces d’influence, pour un usage raisonné des médicaments et pour que la pharmacovigilance soit indépendante.

Avec la  mutualité française, nous demandons un renforcement et une simplification de la pharmacovigilance. Il est primordial que l’autorité chargée de la surveillance ne soit pas celle chargée d’autoriser la mise sur le marché. Il faut détacher la politique du médicament de l’emprise de l’industrie, tant en matière de lobbying que d’expertise ou de formation des médecins. Nous pensons qu’il n’est pas normal que la France soit l’un des plus gros consommateurs mondiaux de médicaments. Nous estimons qu’il faut se concentrer sur le service médical rendu : s’il est insuffisant il ne faut plus rembourser le médicament concerné (et non pas le rembourser à 15% comme certains médicaments actuellement). Si le médicament est plus dangereux qu’efficace, il faut bien entendu l’interdire. Si le service médical rendu est significatif, encore faut-il s’assurer du bon usage du produit, ce qui passe beaucoup par une véritable formation continue indépendante des médecins, au lieu de « l’information » dispensée par les visiteurs médicaux, salariés des laboratoires pharmaceutiques.

Le scandale du Médiator  pourrait-il déboucher sur une évolution positive de notre regard sur le médicament, en nous détournant de l’approche « un symptôme = une pilule » qui favorise une inflation de la demande de médicaments et de la prescription ?  Le poids excessif de l’industrie pharmaceutique dans les politiques de santé n’est-il pas révélateur du poids excessif que nous accordons au médicament dans notre santé au détriment de la recherche de l’équilibre et du bien-être ?

Pour en savoir plus :

- sur les propositions de la Mutualité en matière de médicament : http://www.mutualite.fr/L-actualite/Medicament/Medicament-dix-propositions-de-la-Mutualite-Francaise-pour-restaurer-la-confiance

- Sur la pharmacovigilance : voir la revue de la Mgen Valeurs mutualistes n°271 (mars 2011), consultable sur le site mgen.fr > La Mgen > Valeurs mutualistes > VM n°271 Dans les secrets de la pharmacovigilance.

Après le scandale du Mediator, j’ai souhaité prendre connaissance de la liste des médicaments interdits, ou dangereux, recensés par l’AFSSAPS. En me rendant sur le site, j’ai découvert une liste de médicaments bien plus importants que ce que je pensais. Ils ne sont pas tous interdits, mais il y en a beaucoup en état d’alerte, « sous surveillance ».

Donc, il y a des médicaments qui sont potentiellement dangereux pour nous. Qu’attend-on pour les retirer ? Un accident ? Comme pour le Mediator, faudra-t-il des morts pour enfin faire bouger les choses ?

Je trouve cette logique révoltante. Les labos pharmaceutiques ne sont pas des philanthropes, c’est tout sauf une surprise. Mais de là à jouer avec nos vies…

En tant qu’adhérent, j’aimerais connaître la position de la MGEN sur ce point…

La soirée a eu le mérite de rassembler un public nombreux (trop !) et assez varié (même s’il n’y avait pas vraiment de personne en situation de handicap physique, sensoriel ou psychique lourd), et surtout de rassembler des mutualistes, des non mutualistes, des personnels de santé (publics et libéraux) et des représentants d’organismes importants dans le domaine de la santé (CHU, ARS, CPAM, etc.).

Les débats ont mis en évidence la dégradation du système de santé, déploré tant par les médecins et autres soignants que par les patients, notamment le stress et le manque de temps des premiers. La distinction « gros risque » (globalement bien pris en charge) et du « petit risque (de moins en moins remboursé, la question de l’orthodontie et du remboursement de l’optique ont aussi été abordés) est revenue à plusieurs reprises sous des aspects différents.

[Thomas : Vu que ce commentaire, initialement posté ici, suscite des réactions, je le transforme en tribune pour que vous pussiez en discuter]

  • Création d’une contribution volontaire pour compenser les dépassements d’honoraires; genre mutuelle sur-complémentaire. Le privé le fait cela doit être rentable, la MGEN à la structure.
  • Une étude sur la fiabilité des soins aux CHU. Exemple dans certains services, il y a des problème de “ratage” opératoires à répétitions, qui coutent beaucoup plus chère à la sécu et à la MGEN, sans compter les dommages et divers préjudices souvent irréparables causés aux patients. Ces derniers sont obligés d’avoir recourt à un vrai spécialiste dans le privé (afin d’essayer de réparer les dégâts) .
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